Mon Village, Mon Fossile

Quand la paléontologie s’installe au cœur des villages

Les Causses du Quercy abritent un patrimoine paléontologique exceptionnel. Dans les phosphatières, des centaines d’espèces fossiles ont été mises au jour, témoignant de près de 30 millions d’années d’évolution de la vie et des environnements. Certaines d’entre elles ont même reçu des noms directement inspirés de communes ou de lieux-dits du Quercy : Bach, Limogne, Vaylats, Escamps… Des noms familiers ici, que l’on retrouve aujourd’hui dans la littérature scientifique et jusque dans les collections des musées.

C’est pour rendre cette histoire plus visible et permettre aux habitants de se l’approprier que le Parc-Géoparc a lancé « Mon Village, Mon Fossile ». Le principe est simple : faire revenir symboliquement dans les villages les animaux préhistoriques auxquels ils ont donné leur nom, sous la forme de sculptures installées dans l’espace public. Une manière de créer un lien très concret entre recherche scientifique, patrimoine local et vie quotidienne.

Sept premiers animaux au cœur du territoire

Une première série de sept sculptures a ainsi été installée à Bach, Concots, Crégols, Escamps, Larnagol, Limogne-en-Quercy et Vaylats. Toutes ont été réalisées par Patrick Médéric, sculpteur installé à Bouziès, à partir de métal et notamment de fer à béton. Elles représentent des espèces découvertes dans les phosphatières du Quercy et dont le nom scientifique garde la trace du lieu où elles ont été étudiées.

On peut ainsi croiser le Bachitherium guirounetensis à Bach, le petit marsupial Peratherium lavergnense à Concots, la chauve-souris Vaylatsia cregolensis à Crégols, l’oiseau Palaeotodus escampiensis à Escamps ou encore le « cheval-gorille » de Limogne. Placées dans des lieux fréquentés des villages, les sculptures deviennent à la fois des repères, des objets de curiosité et une porte d’entrée vers l’histoire géologique du territoire. Cette volonté de rapprocher les habitants de leur patrimoine paléontologique était au cœur du projet dès son origine.

L’aventure continue à Cahors et Crayssac

Une deuxième étape du projet a permis d’accueillir deux nouvelles sculptures.

À Cahors, ville-porte du Parc-Géoparc, Patrick Médéric a donné forme au Cadurcotherium cayluxi, un imposant mammifère proche des rhinocéros, mais dépourvu de corne, qui vivait dans le Quercy il y a plusieurs dizaines de millions d’années. Installée au Mont Saint-Cyr, la sculpture rappelle aussi ce lien étonnant entre paléontologie et toponymie : le nom Cadurcotherium renvoie aux Cadurques, peuple gaulois dont dérive également le nom de Cahors.

À Crayssac, c’est un ptérosaure qui a rejoint la Plage aux Ptérosaures. Le choix était tout naturel : ce site exceptionnel est mondialement connu pour ses milliers d’empreintes fossilisées, conservées sur une ancienne surface littorale vieille d’environ 150 millions d’années. Protégé au sein de la Réserve naturelle nationale d’intérêt géologique du Lot, il offre une autre manière de raconter les liens étroits entre les lieux, leurs noms et les découvertes paléontologiques du Quercy.

Des sculptures à découvrir aussi à pied et à vélo

« Mon Village, Mon Fossile » ne se limite pas aux sculptures. Elles sont devenues des supports de découverte du territoire et servent régulièrement de points d’étape lors des Causseries, à travers des balades et animations géologiques proposées par le Parc-Géoparc.

Deux boucles cyclables permettent également de partir à leur rencontre à travers le livret « À vélo pour nos fossiles ». L’idée : relier patrimoine géologique, paysages et villages en suivant les traces de ces animaux disparus.

Avec l’arrivée de nouvelles sculptures, de nouvelles animations et parcours pourront à leur tour être imaginés pour prolonger cette découverte.

Une initiative qui voyage au-delà du Quercy

En associant art, science et appropriation locale du patrimoine, « Mon Village, Mon Fossile » suscite également de l’intérêt au-delà du territoire. Le projet a été présenté à plusieurs rencontres scientifiques et professionnelles, notamment dans le réseau européen des Géoparcs et lors du congrès du groupe régional ProGEO pour le sud-ouest de l’Europe en 2025. Dans ce dernier, l’action était présentée comme une manière de « reconnecter les habitants à leur géopatrimoine ».

Une reconnaissance qui illustre l’un des objectifs du Géoparc mondial UNESCO : faire sortir la géologie des laboratoires et des collections pour la rendre visible, compréhensible et vivante dans le territoire. Avec « Mon Village, Mon Fossile », les noms scientifiques retrouvent ainsi les villages qui les ont inspirés — et les habitants découvrent que, parfois, leur commune est connue des paléontologues bien au-delà du Quercy.

Ce projet a été rendu possible grâce au financement conjoint du programmer LEADER, de la Région Occitanie, de la commune de Cahors, ainsi que de celles de Limogne, Larnagol, Crégols, Vaylats, Bach, Escamps et Concots, et de la communauté d’agglomération du Grand Cahors.

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